
Origine : Français
ISBN : 978-2-916010-26-7
Parution : 2008
Prix : 14,8 €
170 pages
Format : 12x19,5
C’est le roman d’André, arrière-grand-père de la narratrice. La narratrice, une jeune femme d’aujourd’hui, retrace l’histoire d’André, qui a fait la première guerre mondiale, qui est parti ensuite comme imprimeur à Addis Abeba, puis qui est rentré en France ouvrir une imprimerie sur la côte atlantique. Comme toujours chez Marie Cosnay, la narratrice part de ce qui n’a pas été dit et des trous de la mémoire familiale pour reconstituer dans une suite de scènes frappantes ce qui finit par former une histoire qui se déroule sur plusieurs générations et croise destins individuels et histoire collective.
« Il a reçu une confidence du camarade qui depuis la veille se tient à ses côtés. Ils sont à Pont-à-Mousson, leurs quatre mains au-dessus des faibles flammes à sécher la poussière, après qu’ils ont accompagné le capitaine Chanut devant la carcasse de l’avion abattu. Ils ont retrouvé quelques visages, n’avaient pas le goût des questions, celles d’André étaient déplacées, sur le chemin de retour ils ont levé les yeux. Un cheval tordu, projeté, s’accrochait aux branches d’un très grand chêne. Chanut ne s’est pas arrêté. Il a reçu la confidence du grand garçon brun qui se serre et s’est toute la nuit serré contre lui et sa gabardine. Il n’a jamais eu mémoire des prénoms. Ni des jours de la semaine, des moments de la journée. L’orientation lui fait défaut. Un récit, cent fois entendu ou conté, lui manque s’il n’est pris en son commencement. Il ne reconnaît rien aux épisodes si manquent les premiers. Pour trouver un chemin, il fait les mêmes détours que par erreur une première fois. Tel était André. »"Ce qui est très fort dans sa [Marie Cosnay] quête littéraire, c'est que ses livres ne semblent chercher aucune résolution, aucune élucidation. Elle [Marie Cosnay] travaille une matière - la disparition, l'absence, la perte, le silence - qui, par définition, se dérobe mais elle ne fait jamais mine d'essayer de la prendre à bras-le-corps : elle accumule les faits, les dates mais le récit reste en suspension. Sa reconstitution (les scènes de tranchées sont impressionnantes d'intimité) laisse les morceaux du puzzle épars. Professeure de lettres classiques au Pays basque, Marie Cosnay, 43 ans, fréquente les textes anciens, les tragédiens grecs qu'elle traduit, peut-être est-ce cette familiarité qui donne à ses récits cette dimension épique, cette forme de lyrisme sobre, presque posé, à plat et pourtant si puissant." Véronique Rossignol, Livres Hebdo, mars 2008.
"Maris Cosnay chasse avec finesse et obstination les détails, les hypothèses, les silences, les tabous, le secret recueilli pendant l'effroi de la guerre [...] Avec la détermination de celle qui sait qu'elle ne peut pas tout deviner, qu'une part reste toujours au mystère, elle fouille dans les états civils, explore les petites mythologies, les désastres et la peine. Et surtout, elle reconstitue, [...], forte d'avoir pu, l'espace d'un livre, ouvrir quelques ombres à la lumière." S. Ai., Sud Ouest Dimanche, février 2008.